jeudi 26 mai 2016

neuf, pas neuf

J'ai envie d'aborder un sujet qui me turlupine. J'adore partager avec vous mes évolutions sociétales et environnementales. Oui carrément. On ne parle pas que chiffon. Enfin, si, là on va parler chiffon. J'ai toujours acheté des choses neuves. Par exemple, je voyais toujours mon père acheté des livres chez des bouquinistes et je me disais que c'était nul d'acheter un livre qui avait déjà servi. C'est mieux d'en avoir un neuf. La différence entre un livre neuf et un livre vieux ? Le prix. C'est la seule différence. Sinon le texte est le même. La qualité est la même. A moins de prendre une édition super vieille qui tombe en morceaux. Et le prix, ce n'est pas à prendre à la légère. Bah oui. Comme les pubs Lidl en ce moment : du ketchup ou du ketchup. Depuis quelques temps, je n'achète que des livres de seconde-main. Incroyable, je ne suis pas morte. L'autre avantage, c'est la planète. Bah oui, plus on achète de l'occasion, plus on favorise l'économie circulaire. Pas besoin de produire, juste de faire passer.
Les vêtements, c'est pareil. Avant, j'étais une accroc du neuf. Je crois n'avoir pas envisagé l'occasion pour les vêtements avant... Euh... Ça a commencé quand le "vintage" était à la mode (il l'est toujours), je me disais : "zut, moi aussi je veux du vintage". J'allais dans des friperies mais là, bloquage international : COMMENT ON FAIT ? Y a pas de stock, y a pas de taille précise, y a pas ce qu'on veut. Tristement, j'ai renoncé. Puis j'ai été à Montréal en vacances (en 2011) et là j'ai trouvé des friperies super canons. J'ai réalisé mes premiers achats vintage. Mes premiers achats de vêtements d'occasion, pas neufs. Ensuite, j'ai laissé tomber. De retour dans ma Bretagne, les friperies ce n'est pas la folie. Et puis faut chercher. C'est pas facile. C'est pas comme chez Zara.

Le déclic, ça a été toutes ces émissions sur les conditions de travail des personnes qui fabriquent ce qui nous couvrent les fesses tous les matins. En ce moment, je rejette l'industrie textile sur certains critères (hey j'aime la mode hein!) : pays de fabrication, matières utilisées, prix. Une chemise en viscose Maje made in China à 185 euros : c'est du foutage de gueule. Qu'on ait les moyens ou pas. SAUF si la nana qui fabrique ta chemise a une sécu, une mutuelle, un salaire cool et des horaires de travail correctes. Mais comment le savoir ?

Je me dis que favoriser l'économie circulaire, c'est valoriser des produits très biens, des entreprises ou associations qui ont besoin d'argent et surtout c'est ça en moins pour les gros méchants qui font bosser des enfants. Alors non, ce n'est pas neuf. Quand je vais chez Emmaüs et que je récupère une chemise qui pue la vieille, quand j'achète un sac Lancel sur une brocante qui pue la clope, quand je trouve une magnifique chemise en soie chez Antoine & Colette à Rennes pour 16 euros (sur la photo), bah pour moi c'est neuf, c'est unique. C'est ce qui va me définir aujourd'hui.

Encore une fois, je suis humaine et une enfant de la consommation. J'ai acheté une veste chez Zara récemment. On ne peut pas être parfait ou le faire à 100%. Tout dépend où on est et ce qu'on a comme points de vente etc à proximité. Ne nous jetons pas des cailloux. Mais pensons-y un peu. Neuf, pas neuf, on s'en fout. Ce qui n'est pas neuf, n'est pas sale ou rabaissant. Ce n'est pas un truc de pauvre. Aujourd'hui, c'est une vraie démarche pour calmer cette surconsommation qui est en train de nous manger TOUT CRU ! 

xx

1 commentaire:

  1. J'aime beaucoup ton article et je suis entièrement d'accord avec toi sur cette idée : tout est une question de dosage. Je n'ai pas envie de me saper uniquement en vintage. Je vais chez Zara mais je vais avec plaisir dans les friperies (comme chez Antoine et Colette que j'adore également). Je ne suis pas végétarienne : je mange de la viande 1 à 2 fois par semaine et du saucisson à l'apéro. Alors oui ça m'offusque de voir des gens coudrent mes fringues dans des conditions déplorables, oui j'ai envie de chialer quand je double un camion qui transportent des cochons à l'abattoir. Je voudrais pouvoir faire mieux mais j'y vais doucement à mon allure. Comme tu as l'air de le faire. Et chaque petite étape est une bataille de gagnée ;)

    Je pense que si tout le monde savaient "doser" (et sont + courageux encore ceux qui font les choses à fond) le monde serait "moins pire"...

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